« Il y a plus de trois ans déjà, lors de ma première grossesse, j’apprenais que je devais avoir une césarienne. Cette annonce m’avait jeté par terre, j’étais déchirée à l’idée que je ne pourrais pas offrir à ma fille une sortie par voie naturelle, que je ne respecterais pas son rythme, et je croyais fermement que c’était un très mauvais départ pour la vie de ma première fille. »

 

Aujourd’hui, lorsque je mentionne : « je vais peut-être opter pour une 2e césarienne », ça l’amène plusieurs commentaires diversifiés où certains sont étonnés, chez d’autres mon choix semble incompréhensible ou sinon, certains vont tenter de me convaincre que je devrais absolument opter pour l’accouchement naturel. Bien sûr, il y a aussi une belle ouverture et respect de mon choix par d’autres. Enfin, toutes ces réponses me démontrent qu’il y a encore plusieurs croyances, tabous et perceptions qui tournent autour de ce sujet et qui peuvent influencer négativement, les parents traversant une période difficile.

Par le biais de cet article, je vais vous partager les principales étapes que j’ai traversées pour vivre mon deuil de l’accouchement naturel afin de me permettre d’accepter cette réalité.

Comme je le mentionnais, j’étais dévastée d’apprendre que je devais avoir une césarienne. J’ai passé des jours à pleurer, à cherche des réponses à mes questions, à comprendre pourquoi je devais traversée cette étape de vie, je cherchais un moyen à accepter ce qui nous arrivait. Entre la peur de ne pas offrir un bon départ à ma fille, ne pas être une bonne mère avant même d’avoir mon enfant dans mes bras, la peur de la brusquer dans son rythme, et sans compter que je ne pourrais pas lui offrir tous les bienfaits de naître par voie naturelle.

J’ai alors cherché des réponses auprès de différents professionnels. J’ai à ce moment compris qu’il y avait plusieurs scénarios possibles et de nombreuses perceptions et croyances différentes, mais qu’à la fin, j’étais la seule qui pouvait accepter cette décision selon mes croyances et ma perception. Une professionnelle m’avait alors dit que je devais chercher à tout prix à demander les manœuvres pour tourner ma fille qui était en siège, que je devais pousser dans ce sens et essayer différentes méthodes pour y arriver. Je ne peux pas dire que cette approche m’avait aidé dans mon processus à l’époque puisqu’au stade où j’en étais, il n’y avait plus rien à faire pour changer la réalité autre que de l’accepter.

Ensuite, j’ai parlé avec une autre professionnelle qui m’expliquait que peu importe le type d’accouchement possible, il n’y a jamais de recette magique pour toutes les femmes, tout est possible dans tous les cas et même si nous planifions tout pour que les étapes respectent le rythme naturel des choses, tout peut basculer jusqu’à la dernière seconde.

Afin de m’aider dans mon processus d’acceptation, j’ai remis en lumière mes souvenirs de famille, mes points de référence, mes croyances qui pouvaient m’aider à remettre la situation en perspective. J’ai eu la chance d’avoir autour de moi des femmes incroyables qui ont accouchées naturellement, celle la plus remarquable, ma grand-mère qui a eu dix enfants. À la fin des années 40 et jusqu’aux années 60, elle a accouché naturellement de 8 enfants dans sa propre maison. Le jour où le médecin lui avait annoncé qu’elle devrait avoir les prochains à l’hôpital, ça l’a été très difficile pour elle d’accepter ce fait et de se sentir bien dans ce changement. Elle avait demandé au médecin d’avoir les derniers à la maison comme les précédents, mais celui-ci avait bien sûr refusé. Toutes les femmes de ma famille ont eu leurs enfants par voie naturelle, ce qui bien sûr, renforçait mon désir d’accoucher naturellement.

Aujourd’hui, la réalité est tout autre, selon le pays où on se trouve, selon nos croyances, selon les circonstances de la vie, parfois nous sommes confrontés à accepter des choix qui n’étaient pas les nôtres au départ. Parfois, la seule chose sur laquelle nous avons du pouvoir, c’est notre propre processus d’acceptation, une des étapes souvent les plus exigeantes dans le processus de changement créateur abordé par l’approche non directive créatrice, ANDC MD. Pour ma part, c’est d’ailleurs en thérapie que j’ai traversé l’étape la plus aidante dans mon processus d’acceptation. En prenant le temps de parler de tout ce que je pouvais vivre face à mon deuil de l’accouchement naturel et le processus d’acceptation que j’ai dû traverser pour accueillir la césarienne. J’ai pu alors plus facilement accueillir paisiblement ma fille dans la façon que la vie avait décidé qu’elle devait naître.

Pour conclure, j’espère que par le biais de cet article, je permettrai aux femmes, aux couples, aux futurs parents qui devront obligatoirement traverser cette réalité, d’avoir un autre point de référence, une opinion supplémentaire. J’espère aussi sensibiliser les gens que c’est aussi un choix personnel et parfois, il se cache derrière ce choix tout un processus d’acceptation qui a peut-être obligé la personne à traverser les différentes étapes du deuil. Le non-jugement, l’ouverture d’esprit et l’acceptation sont des éléments essentiels au bien-être de chacun. L’important à la fin, c’est de trouver une façon pour être bien avec soi, peu importe l’opinion des autres. Je tiens tout de même à préciser que mon but en vous partageant cet article n’était surtout pas de prioriser la césarienne à l’accouchement naturel, mais d’être aidante pour tous ceux qui traversent ces étapes parfois déchirantes.

« Parfois, la seule chose sur laquelle nous avons du pouvoir, c’est notre propre processus d’acceptation. »

Sur ces derniers mots, si vous traversez ce processus d’acceptation et que vous ressentez le besoin d’en parler, c’est avec plaisir que je vous accompagnerai dans ces prochaines étapes.

Affectueusement,

Marie-Eve
514-503-1080


 

Marie-Eve St-ArnaudMarie-Eve St-Arnaud

Marie-Eve St-Arnaud est Thérapeute en relation d’aide, certifiée par le Centre de relation d’aide de Montréal. Elle est membre du conseil d’administration de la Corporation internationale des thérapeutes en relation d’aide du Canada (CITRAC). Elle est aussi conférencière et anime des ateliers, principalement sur l’importance de la santé mentale afin d’avoir une vie personnelle et professionnelle équilibrée.

 

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