C’est la question que je me posais il y a presque une dizaine d’années, où dans la même année j’ai fait une fausse couche, j’ai vécu une séparation, une dépression, un arrêt de travail et trois déménagements. Je me sentais complètement perdue, sans repère, je vivais un vide intérieur. Ma thérapeute m’avait dit : « Marie-Eve, tu dois apprendre à faire les choses pour toi, des choses qui te feront du bien ». Ce fut ma première piste de réflexion pour apprendre à m’aimer, mais surtout, apprendre à me choisir avant quiconque.

« Tu dois apprendre à faire les choses pour toi, des choses qui te feront du bien. »

 

Comme plusieurs d’entre nous, je cherchais des solutions de bien-être et de bonheur en surface (apparence physique, perception des gens) mais ma principale difficulté était plus profonde, invisible, impalpable, difficile à expliquer et à exprimer. Je tournais en rond dans des « patterns » qui me faisait souffrir en relation, qui affectait mon bien-être général.

La fameuse phrase qui dit qu’on doit apprendre à s’aimer pour aimer les autres, facile à dire, mais pas si simple à faire quand on part d’un endroit où on n’a jamais appris à prendre sa place, à oser exister avec nos couleurs, à se donner simplement le droit d’être tel qu’on est.

À l’époque, je ne savais pas ce que j’aimais réellement. En quête existentielle, j’avais participé à un séminaire intensif de développement personnel où  lors d’un exercice en groupe, je devais regarder chaque individu dans les yeux pendant 60 secondes pour ensuite passer au suivant. Sans comprendre ce qui se passait, j’ai pleuré tout au long de l’exercice. C’est seulement plus tard que j’ai compris que j’étais terrorisée à l’idée que l’autre puisse me voir vulnérable. Ma plus grande peur était que l’autre puisse me faire du mal, car j’avais acquis l’idée qu’être en relation était dangereux et souffrant.

Je suis maintenant thérapeute en relation d’aide et j’ai fondé Service ES-TEAM, un jour j’expliquais à un professeur d’où partait mon désir de partager sur le sujet de l’estime de soi (lire l’article S’estimer, foncer et se réaliser – L’importance de l’estime de soi), une blessure que j’ai portée pendant une grande partie de ma vie, et il m’a répondu : « pourtant quand je te regarde, tu ne sembles pas être une personne qui a pu avoir une faible estime d’elle-même ». Cette phrase m’a profondément touché, car c’était bien là mon piège, l’apparence de la femme forte. J’ai dû apprendre à laisser tomber mon armure et rester sensible à mon vécu, à moi pour ensuite l’être envers l’autre. Personnellement, c’était le premier pas vers la guérison, vers l’amour de soi.

Pour la St-Valentin, offrez-vous la chance d’apprendre à vous aimer et offrez cet amour à tous ceux qui vous entourent afin que chacun puisse apprendre à s’aimer davantage.

Joyeuse St-Valentin,
Nourrir l’Amour de soi pour une plus belle estime de soi.

 

Marie-Eve St-Arnaud
Thérapeute en relation d’aide
Fondatrice de Service ES-TEAM